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Diétothérapie

Sūn Sīmiǎo 孙思邈 (581 – 682), dans son ouvrage majeur Prescriptions valant Mille Onces d’Or (千金要方 Qiānjīn Yào Fāng) fut le premier à mettre en avant l’alimentation en tant que traitement thérapeutique (食療治法 shíliáo zhì fǎ).
Son disciple Mèng Shēn 孟诜 (621–713), compila ses écrits dans le premier ouvrage spécifiquement dédié à la diététique thérapeutique Matière Médicale de Diétothérapie (食療本草 Shíliáo Běncǎo).

ShiLiao Bencao

Principes fondamentaux de la diététique chinoise

La diététique chinoise contemporaine s’appuie sur plusieurs grands principes.

Le premier est qu’il n’existe pas de régime alimentaire idéal pouvant être appliqué à tout le monde.

La prescription de conseils nutritionnels passe donc préalablement par un diagnostic différentiel, aussi précis que possible, et s’appuyant sur les règles et la nosologie particulières de la médecine traditionnelle chinoise. On ne peut donc pas élaborer un traitement diététique de l’hypertension, de l’obésité ou du diabète, en se fondant seulement sur les classifications de la médecine occidentale.

La connaissance préalable des théories fondamentales et du diagnostic spécifiques de la médecine chinoise est indispensable. En effet, pour chaque maladie (bìng 病), il existe un certain nombre de syndromes (zhèng 證) en fonction desquels s’élabore la stratégie thérapeutique.

Même des patients en bonne santé et souhaitant seulement quelques conseils préventifs peuvent relever de constitutions différentes qu’il faut savoir discerner.

D’autre part, il faut considérer que la diététique peut être une méthode très efficace pour entretenir la santé et traiter de nombreux déséquilibres mais que son action s’opère généralement de façon progressive plutôt que dans l’urgence.

En conséquence, le régime doit se fonder sur une alimentation agréable et réaliste sur le plan pratique. Si l’adage liángyào kǔkǒu良藥苦口 [excellent traitement, saveur amère], qui signifie qu’un médicament efficace a souvent un goût désagréable, est accepté par les patients pendant une période courte et pour une petite quantité de substances médicinales rapidement absorbée, il est difficile de se nourrir quotidiennement d’aliments de saveur répulsive.

Au contraire, la diététique chinoise se fonde sur une réconciliation entre gastronomie et santé. Il s’agit d’encourager le patient à retrouver le lien avec les perceptions visuelles, olfactives et gustatives – plusieurs sens intervenant dans le plaisir de manger – qui lui sont favorables.

Pour agir ainsi, le diététicien doit posséder une bonne connaissance des ingrédients et de leurs combinaisons. Ce savoir ne repose pas seulement, comme en Occident, sur la composition chimique des aliments – bien que celle-ci soit mentionnée dans la plupart des ouvrages chinois contemporains – mais il s’appuie sur une connaissance de caractéristiques très différentes.

Il suffit, pour le constater, d’observer comment sont présentées les matières médicales des aliments. Les substances alimentaires sont classées en catégories globales, comme on pourrait les trouver réparties dans un magasin ou sur un marché (fruits, légumes, céréales, viandes, poissons, vins, thés, condiments…) et chaque ingrédient est présenté sous forme d’une fiche regroupant les informations essentielles qui définissent son usage.

Éric MARIE, « Se nourrir des souffles et des saveurs : la diététique de la médecine chinoise », Transtext(e)s Transcultures 跨文本跨文化.
http://journals.openedition.org/transtexts/602 ; DOI : 10.4000/transtexts.602

Haricot rouge

Haricot rouge

芸豆 yún dòu

Harico rouge

Le haricot rouge, également appelé « rognon de coq » ou « kidney bean », est la graine à maturité de la plante annuelle Phaseolus calcaratus ou Phaseolus angularis, de la famille des Fabacées (Papilionacées).
Cette plante, originaire d’Amérique du Sud, est cultivée dans toutes les régions de Chine. Les graines sont récoltées en automne et séchées au soleil. L’enveloppe est enlevée avant consommation.

Propriétés

Saveur :
Douce

Nature :
Nature Neutre

Tropisme :

Rate (脾 Pí), Gros Intestin (大肠 Dà Cháng), Intestin Grêle (小肠 Xiǎo Cháng)

Rte GI IG

Le haricot rouge (芸豆 yún dòu) tonifie la Rate, draine l’Humidité, disperse les Stases de Sang et réduit la toxicité.

Indications

  • Pour le traitement des œdèmes, du béribéri ou des difficultés urinaires dus à une faiblesse de la Rate, faire bouillir des haricots rouge avec de la carpe (SLBC), ou faire cuire des haricots rouges dans de l’eau contenant les cendres de brindilles de mûrier (桑枝炭 sāng zhī tàn). Pour le traitement de la diarrhée, prendre de la poudre de haricots rouges, de haricots jacinthe (白扁豆 bái biǎndòu) et de Larme-de-Job (薏苡仁 yìyǐ rén) ou de leur décoction.
  • Pour le traitement de l’appendicite aigüe, prendre une décoction de haricots rouges avec pissenlit (蒲公英 púgōngyīng), Larme-de-Job (薏苡仁 yìyǐ rén) et réglisse (甘草 gāncǎo); en cas de dysenterie ou d’hémorroïdes avec sang dans les selles, prendre des haricots rouges en décoction avec pourpier (馬齒莧 mǎ chǐ xiàn) et du vinaigre.

Préparation

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Le haricot rouge est utilisé en décoction, bouilli, ou en poudre.
Dosage de 9 à 30 g par jour.

Informations nutritionnelles

Le haricot rouge contient des protéines, des lipides, amidon, calcium, phosphore, fer, vitamines B1 B2 et B3 et saponines.

Sources bibliographiques

bibliographie

  • Shénnóng Běncǎo Jīng (神农本草经 Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) écrit au 1er siècle avant JC par Shen Nong 神农. La plus ancienne matière médicale chinoise. 365 remèdes décrits.
  • Shí Liáo Běn Cǎo (食療本草 Matière Médicale Diététique) écrit par Mèng Xiǎn 孟顯, durant la Dynastie Tang 唐.

Liens

Haricot rouge sur Wikipedia

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L’homme moderne pourrait avoir des ancêtres asiatiques

Des fossiles vieux de 100.000 ans mettent en doute l’origine africaine exclusive de notre lignée. Reste à confirmer la datation.

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Une mandibule et deux dents fossiles, d’au moins 100.000 ans, trouvées dans une grotte du sud de la Chine, pourraient bien bouleverser l’histoire de la lignée humaine. Découverts en 2007, à Zhirendong par une équipe de paléontologues chinois et américains, «leur âge et leur morphologie suggèrent une possible émergence de l’homme moderne dans l’est de l’Asie», écrivent les auteurs dans un article publié mardi dans les «comptes rendus de l’Académie américaine des sciences» (Pnas). En clair, le berceau de notre espèce Homo sapiens ne se situerait pas exclusivement en Afrique, comme le veut le scénario privilégié jusqu’ici par les scientifiques. En outre, l’ancienneté des fossiles de Zhirendong, si elle est confirmée, signifie que nos lointains ancêtres asiatiques auraient cohabité pendant au moins 50.000 ans avec les hommes de Neandertal, une espèce cousine de la nôtre, soit plus du double que la durée admise pour l’instant.

La mandibule découverte par l’équipe dirigée par Xin-Zgi Wu, de l’Académie des sciences chinoise, et Erik Trinkaus, de l’université Washington à Saint Louis (États-Unis), présente indiscutablement des caractères modernes. Comme ce menton osseux, qui est l’une des principales caractéristiques d’Homo sapiens comparé à Neandertal, par exemple, qui en était dépourvu. Les auteurs notent toutefois que l’épaisseur et la robustesse de ladite mandibule montrent que son propriétaire était également morphologiquement proche d’humains archaïques plus anciens.

«Une bombe!»

Mais il est vrai que ces ossements ont plus de 100.000 ans: du jamais vu dans la partie orientale de l’Asie, où les plus vieux restes d’hommes modernes trouvés jusque-là n’avaient que 40.000 ans. Soit un bond de plus de 60.000 ans en arrière! Sachant que le départ des premiers Homo sapiens d’Afrique vers le Moyen-Orient puis l’Europe et le continent asiatique s’est produit il y a environ 90.000 ans, l’irruption de l’homme de Zhirendong vient remettre en question la théorie de l’«Out of Africa», qui veut que tous les hommes modernes actuels descendent en ligne directe d’ancêtres africains.

«Si la datation de 100.000 ans est confirmée, c’est une bombe!, s’exclame Jean-Jacques Hublin, chercheur à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire à Leipzig (Allemagne). Malheureusement, ce n’est pas la première fois que des collègues chinois trouvent des hommes modernes très anciens avant d’être démentis par la suite.»

En l’occurrence, l’équipe de Xin-Zgi Wu a daté de la calcite située au-dessus du niveau où les fossiles ont été mis au jour avec des restes d’animaux vivant au pléistocène ancien, soit il y a 100.000 ans. Il ne s’agit donc pas d’une datation directe. «En outre, les grottes ont souvent une histoire géologique mouvementée, si bien que le niveau étudié peut fort bien être plus récent que ce que les auteurs avancent.» Une chose est sûre: l’homme de Zhirendong n’a pas fini de faire parler de lui.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2010/10/26/01008-20101026ARTFIG00805-l-homme-moderne-pourrait-avoir-des-ancetres-asiatiques.php